Arts plastiques

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L’objet et le surréalisme à Beaubourg, jusqu’au 3 mars.

Mise à jour : 21 février 2014
Meret Oppenheim : « Ma gouvernante », 1936 (détail) format JPEG - 24.9 ko
© Moderna Museet, Stockholm, © Adagp, Paris 2013, photo : Moderna Museet, Stockholm/Prallan Allsten

Les objets surréalistes prennent le pouvoir au Centre Pompidou

Par Isabelle Chenu.

À Paris, le Centre Pompidou se transforme jusqu’au 2 mars en un immense cabinet de curiosités surréalistes. Le surréalisme et l’objet met en scène les créations mutantes, subversives ou érotiques signées Marcel Duchamp, Hans Bellmer ou Salvador Dali.
L’exposition embarque le visiteur au cœur de l’imaginaire des grandes expositions surréalistes des années 1930 ou 1960. Dès l’entrée, nos pas sont guidés dans un passage parisien, univers clos, fondamental de l’univers surréaliste, avec ses rues fantaisistes « rue aux lèvres », « rue faible », « rue de tous les diables ». Jusque dans les années 1930, le surréalisme prône l’évasion du réel, mais un basculement s’opère sous le coup de l’engagement politique, des grands noms du mouvement.
Didier Ottinger, commissaire de l’exposition, rappelle qu’à partir de 1927, les écrivains André Breton, Paul Eluard ou Louis Aragon prennent leur carte au Parti communiste français. Ils sont confrontés à des idéologues qui ne se satisfont pas du surréel et leur demandent de s’occuper du réel. Comment faire ? Les objets deviennent alors pour ces artistes des sortes de virus destinés à ouvrir les portes de l’imaginaire, des objets dérangeants permettant l’accès vers un au-delà.
S’extraire des contingences du réel
S’encanailler, rêver, dès les années 1930 les foules se pressent dans les expositions surréalistes organisées dans des galeries parisiennes. 1938, à la galerie Ratton, les visiteurs déambulent sur des tapis de feuilles mortes, du sable, on y trouve des objets mathématiques, de l’art précolombien, un fourmilier empaillé venu du Muséum d’histoire naturelle, tout un bric-à-brac, véritable condensé de l’imaginaire surréaliste et de ce qui le nourrit. Ces expositions sont construites pour donner lieu à des expériences complètes. Des sons, des odeurs, un environnement, un parcours, les critiques d’art de l’époque parlent de trains fantômes et de fêtes foraines. L’atmosphère est spectrale, inquiétante et très bien rendue par l’exposition du Centre Pompidou.
L’érotisme est censé permettre aux individus d’échapper à leur existence morose, celle du travail et de la consommation. La boule suspendue d’Alberto Giacometti jouxte Le soulier de Galasigné Salvador Dali. Un escarpin rouge exposé sous verre, véritable inventaire de la fétichisation des objets. L’érotisme ici est celui du soulier féminin à l’intérieur duquel l’artiste place un verre de lait tiède dans lequel se dissout un sucre. À l’intérieur de la chaussure, une forme en marbre représente un étron. On a là tout l’univers et le délire de Dali rassemblés dans ces quelques objets juxtaposés.
La postérité
Le commissaire de l’exposition a aussi pris soin de s’intéresser à la postérité des surréalistes. Une dizaine d’artistes contemporains rendent hommage aux œuvres surréalistes, comme cette collection de pierres d’aquarium rassemblées par Théo Mercier, hommage aux collections d’objets trouvés, ou ces moulages de parties du corps féminin enfermés dans une vitrine signés Philippe Mayaux.

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